Chez Intel, la rentrée est synonyme de nouveaux processeurs. Cette année, place aux Tiger Lake destinés à succéder aux Ice Lake. Toujours gravés en 10 nm, cette nouvelle architecture apporte diverses améliorations, tant en termes de technologie embarquée que de fréquences maximales en mode Turbo. Mais en réalité, la principale avancée réside sans doute dans la puce graphique Intel Iris Xe intégrée aux Core i5 et Core i7. Grâce à elle, Intel se veut confiant avec des gains significatifs, capables de répondre aux attentes des casual gamer, et entend ainsi revenir dans la course face aux solutions Vega proposées par AMD depuis 2 ans.

Intel nous a proposé de tester durant quelques jours un ordinateur portable de pré-production. L'occasion de vérifier si les progrès annoncés sont bien au rendez-vous.

L'ultrabook testé étant un prototype, nous ne pouvons vous proposer de photos ni de mesures liées à l'autonomie. Il faudra donc patienter encore quelques semaines pour cela, le temps que les ordinateurs portables sous Tiger Lake soient commercialisés en France. En matière de performances toutefois, en dehors de quelques optimisations liées aux drivers / pilotes, il ne devrait pas y avoir de gros écarts.

Le modèle qui nous sert de référence est donc basé sur un Core i7-1185G7, 16 Go de LPDDR4x 4266 MHz et un SSD PCI-e de 512 Go. Point important, ce processeur dispose d'un TDP de 28W (la norme pour ce processeur), TDP qui grimpe même à 35W lorsque le profil High Performances du constructeur est actif...

Un processeur basse consommation qui n'en est plus vraiment un dans ces conditions. Difficile alors de savoir quels processeurs lui opposer. Son prédécesseur, le Core i7-1065G7, étant configuré avec un TDP de 15W sur la majorité des ultrabooks commercialisés même si sur le papier, une déclinaison 25W était bien disponible au catalogue. C'est aussi le cas du Core i7-10510U (Comet Lake), lui aussi en 15W. Reste donc le Core i7-9750H, de base avec un TDP de 45W, mais il s'agit d'un processeur Hexa-Core destiné aux 15 pouces et plus. Pas vraiment la même catégorie d'ordinateur portable donc mais, nous allons le voir, l'intégrer est intéressant. Chez AMD, la situation est assez similaire, les Ryzen basse consommation (4500U et 4700U) sont en 15W. Il semble donc plus judicieux de miser sur le Ryzen 5 4600H, dont le TDP est fixé à 45W.

Nombre de cœurs, TDP... vous avez le sentiment d'être (un peu) perdu(e) ? Rassurez-vous, vous n'êtes pas seul(e). Il faut reconnaître que la multiplication des gammes ces dernières années et le fait que différents types de processeurs soient commercialisés sous une même famille ne peut que brouiller les pistes. Trêve de bla-bla donc, enchaînons avec les tests pratiques et des graphiques qui seront sans doute plus parlant.

Intel Tiger Lake, les tests synthétiques

Commençons notre série de tests par un petit passage sous Cinebench. Non pas que nous soyons très fans du logiciel, mais il n'en demeure pas moins populaire et permet de de hiérarchiser sa configuration. Sans surprise, sur un seul cœur, tous les processeurs se tiennent dans un mouchoir de poche. En multi-cœur en revanche, le Core i7 Tiger Lake impressionne et fait jeu égal avec le Core i7-9750H. Le processeur Ryzen, pour sa part se détache. Mais nous verrons que cela ne va pas se vérifier dans les tests plus représentatifs d'une utilisation courante d'un ordinateur (portable).

Second test, tout aussi populaire, Geekbench. Pas de grand changement, on retrouve la tendance observé sous Cinebench.

Intel Tiger Lake, les tests pratiques

Après cette mise en bouche plutôt favorable au fleuron des Tiger Lake, voyons si les premières impressions se confirment dans la "vraie vie".

Commençons par compresser un fichier sous 7Zip. Le Core i7-1185G7 s'inscrit dans la même tendance et marque le pas face aux Ryzen 5 4600H et au Core i7-1065G7. Rien d'étonnant, ce dernier étant pénalisé par son TDP de 15W. Cela l'est plus pour le Ryzen qui dominait pourtant dans les benchs synthétiques.

Enchainons avec un test qui parlera aux photographes : traiter 100 photos sous Capture One 12, un concurrent de Lightroom. Lors de la phase d'importation, la puissance processeur prédomine, le GPU n'est pas sollicité. La hiérarchie est ici assez logique, les processeurs ayant de gros TDP sont assez proches alors que le Core i7-1065G7 est plus en retrait.

Lors de l'exportation (les RAW sont convertis en JPEG), le processeur s'occupe toujours du gros du travail mais il est épaulé par la puce graphique. Dans ces conditions, notre processeur Tiger Lake affiche une jolie forme et n'est pas si éloigné de son homologue hexa-core.

Un constat que l'on retrouve sous Davinci Resolve.

Sous Handbrake, lors de la conversion d'une séquence vidéo, la tendance s'inverse puisque c'est cette fois le processeur Ryzen qui tire, assez nettement qui plus est, son épingle du jeu.

Nous avons effectué d'autres tests, notamment sous Première Pro, Photoshop, DXO ou encore Revit qui confirment les observations faites sous Capture One et Davinci. D'une manière générale, avec son TDP de 28W, le Core i7-1185G7 surpasse sans surprise son prédécesseur, le Core i7-1065G7, pénalisé par son TDP plus limité (15W). Le Core i7-1185G7 est donc bien plus proche des i7-9750H et Ryzen 5 4600H même si de prime abord, ils ne sont pas vraiment concurrents. Et si le TDP joue un rôle important, les progrès de la nouvelle puce graphiques Iris Xe ne sont pas à sous estimer.

Intel Iris Xe, LA nouveauté tant attendue !

Il y a quelques années, alors que tout le monde avait oublié AMD sur le marché des processeurs pour ordinateurs portables, la marque a commencé à redorer son image avec l'arrivée de puces basse consommation. Sans toujours rivaliser en puissance brute avec les CPU Intel, les modèles AMD ont toutefois vite suscité de l'intérêt grâce à leur puce graphique Vega bien plus véloce que les UHD 620. Intel a commencé à réagir en 2019 avec l'arrivée des puces Iris G7 sans toutefois parvenir à égaler son rival et avec le bémol qu'une faible diffusion au sein de la gamme, ces dernières étant réservés aux processeurs les plus haut de gamme et donc réservés à des ordinateurs portables souvent commercialisés à plus de 1000€.

Intel se devait donc de réagir et semble cette fois s'être donné les moyens pour y parvenir puisque sa nouvelle puce Iris Xe affiche un gain de performances assez inhabituel.

Il suffit de lancer Geekbench pour le constater. Les résultats en OpenCL sont en effet assez parlants. D'aucuns argueront que cela reste encore très inférieur aux performances d'une carte graphique dédiée de dernière génération. C'est vrai, pour autant, même sur les ordinateurs (portable ou non) équipés d'un GPU dédié, avoir une puce graphique intégrée plus performante n'est pas dénué d'intérêt, bien au contraire. Par manque d'optimisation ou pour privilégier la consommation, la plupart des logiciels photos et vidéos privilégient (en partie ou en totalité suivant les cas) souvent la puce intégrée au processeur plutôt que la carte graphique dédiée pour les tâches où l'accélération GPU intervient. Il suffit d'observer le gestionnaire des tâches pour le constater et de désactiver la puce Intel pour le mesurer.

Avoir un iGPU plus véloce est donc une bonne chose, et pas seulement pour les joueurs même si ces derniers en profiteront sans doute davantage.

Sous 3DMARK Sky Diver, la nouvelle puce Intel Xe creuse l'écart avec la Iris G7 du Core i7-1065G7 ou la Vega 6 du Ryzen 4600H. Le constat est identique sous Fire Strike avec une moyenne de 26 FPS contre 14 pour la puce AMD. Un ordre de grandeur que l'on retrouve aussi sous le benchmark Superposition.

En jeu, le gain est bien visible mais l'apport dépendra du type de jeux auxquels vous aimez jouer. Sur les AAA et autres titres populaires du moment exigeants en ressources 3D, il reste difficile pour ne pas dire impossible de jouer en Medium en 1080P, avec en moyenne entre 20 et 30 FPS. Les joueurs occasionnels pourront toutefois accepter de passer en 720P pour gagner en fluidité.

Avec des titres moins exigeants, Fifa 20, Formula One 2018, les Sim's ou encore Fornite, l'écart est plus marqué avec les autres iGPU et permet d'envisager jouer en 1080P Medium sans crainte.

Attention toutefois, outre son TDP supérieur, le Core i7-1185G7 profite également de 96 unités d’exécution (96EU) contre 80EU sur les Core i5 Tiger Lake 15W. Les gains devraient être présents mais plus mesurés (sans doute de l'ordre d'une 10aine de FPS par rapport au Core i7-1065G7).

Tiger Lake, attention au TDP des processeurs

Nous l'avons évoqué précédemment, Intel a choisi de nous prêter un ultrabook équipé du processeur Tiger Lake le plus performant de la gamme, le Core i7-1185G7 et son TDP de 28W. Un TDP peu commun à l'heure actuelle, le marché étant divisé jusqu'à présent entre les processeurs basse consommation au TDP de 15W et les processeurs "haute performances" au TDP de 45W. Pour simplifier, les premiers sont destinés aux ultrabook fins et légers, les seconds sont présents dans les PC portables gamers et autres ordinateurs portables destinés aux créateurs de contenu. Les précédentes générations de processeurs basse consommation comportaient bien une ou deux références au TDP boosté mais en dehors d'Apple avec ses MacBook Pro 13, aucun constructeur ne se donnait la peine de les exploiter.

Avec Tiger Lake, Intel semble vouloir renforcer sa gamme de processeurs basse consommation au TDP boosté puisque sur les 9 références commercialisées, 5 ont un TDP nominal de 28W. Toutefois, au regard des nouveaux ultrabooks dévoilés à l'occasion de l'IFA début septembre, difficile d'imaginer que le marché des ultrabooks va massivement migrer vers ces processeurs "survitaminés" (en dehors d'Apple encore une fois avec son MacBook Pro 13 voire pourquoi pas le MacBook Pro 14 si jamais ce dernier voit le jour). Deux solutions sont alors envisageables, soit intégrer ces processeurs au TDP de 28W comme le i7-1185G7 mais en bridant son TDP à la baisse à 12W comme le permet Intel. C'est une possibilité mais, ces processeurs haut de gamme sont onéreux, il semble donc plus probable que les marques se contentent des processeurs Intel Lake de milieu de gamme comme le Core i7-1160G7 ou le Core i5-1130G7, meilleurs marché, qui ont quant à eux un TDP de 15W.

Certains se demandent sans doute, à juste tire, pourquoi autant de digression autour de ce fameux TDP. Et bien, notre but est d'insister sur le fait que nous avons testé ici le processeur le plus performant de la gamme Tiger Lake.

Si le Core i7-1185G7 illustre bien le potentiel de cette 11ième génération de processeurs Intel, il n'en est pas le plus représentatif selon nous.

Il faudra donc encore patienter un peu avant de découvrir en détails les futurs ultrabooks Acer, Asus, Dell, HP, MSI ou encore Lenovo pour en savoir plus. En attendant, nous avons donc cherché à évaluer ce possible écart entre les 15 et 28W. Bonne nouvelle, l'ordinateur portable dont nous disposions comportait différents profils d'alimentation dont un où le TDP de notre Core i7-1185G7 tombe à 15W. Nous avons donc refait notre série de tests.

Sans être parfaite, cette solution a le mérite de nous donner une tendance. Premier constat, bridé à 15W, le i7-1185G7 se retrouve, en toute logique, bien plus proche du i7-1065G7. Ce dernier ayant même tendance à prendre un léger avantage dans la plupart de nos mesures représentatives d'un usage réel.

Cependant, dès que les tests impliquent une part d'accélération GPU, à l'instar de l'export d'un film monté sous Davinci Resolve ou d'un lot de photos en JPEG traitées sous Capture One Pro, le processeur Tiger Lake reprend de la vigueur grâce à la puissance supérieure de sa puce graphique Iris Xe comme nous l'avons vu précédemment. Il s'agit toutefois d'une estimation, il faudra donc attendre les tests du Core i7-1160G7 et du Core i5-1130G7 pour être fixé.

Pour clôturer, signalons que nous avons également pu "overclocké" le Core i7-1185G7 en boostant le TDP à 35W. Il en résulte une hausse des performances dans la plupart des cas, de quoi réduire encore davantage l'écart avec les processeurs hexa-core.

Mettez un tigre dans votre ordinateur portable

Après quelques années de passage à vide, malmené par son rival AMD revenu en force sur le segment des ordinateurs portables alors que beaucoup ne l'attendaient plus, Intel semble (enfin) armé pour reprendre (temporairement) l'avantage avec ses nouveaux processeurs Tiger Lake et leur puce graphique Intel Xe.

Car, si la puissance processeur progresse bien, c'est bien paradoxalement le GPU intégré le plus intéressant sur cette nouvelle gamme.

Le GPU Iris Xe apporte un vrai gain en termes de performances. Les premiers à en profiter seront à n'en pas douter les "casual gamer" qui n'auront plus besoin de se tourner vers un ordinateur portable équipé d'une carte graphique dédiée pour jouer. Bien entendu, il ne s'agit pas de rivaliser avec les Geforce GTX ou RTX haut de gamme mais plutôt de s'attaquer à l'entrée / milieu de gamme (MX350 voire GTX 1650). Les AAA restent donc inaccessibles mais les titres plus anciens ou moins exigeants tourneront pour la plupart en Full HD et en Medium sans difficulté entre 30 et 50 FPS. A titre de comparaison, les processeurs Ice Lake (la génération précédente Intel) avec la Iris G7 plafonnaient au mieux à 30/35 FPS dans les mêmes conditions. Quant à AMD et ses Vega, plutôt entre les deux.

Bien entendu, Intel a aussi profité de cette nouvelle génération de processeur pour apporter quelques améliorations, notamment en ce qui concerne l'intelligence artificielle. Mais là, les gains ne concerneront pas tous les utilisateurs puisque cela suppose d'utiliser la fonctionnalité au quotidien et le bon filtre et/ou logiciel compatible...

Intel promet aussi des gains en matière de consommation énergique et donc par ricochet, d'autonomie. Cela suppose toutefois que les constructeurs n'en profitent pas pour diminuer les capacités des batteries. Et quand la tendance est clairement à la chasse aux millimètres et grammes superflus, c'est une hypothèse loin d'être anodine...

Enfin, au risque de nous répéter, rappelons que les mesures de cet article concernent le processeur le plus puissant de la gamme Tiger Lake, configuré avec un TDP de 28W qui selon nous ne sera pas le plus représentatif du marché (mais on espère se tromper au regard de son potentiel). Il faut donc tabler sur des performances processeurs moindres mais malgré tout, le principal atout de cette génération 11 de puces Intel mobile, à savoir la puissance de sa puce graphique intégrée, sera bien au rendez-vous. Et, au regard de l'importance croissante du GPU dans notre quotidien, que l'on soit joueur ou non, c'est sans doute bien là l'essentiel.

Màj 02 Octobre 2020 : Nous avons pu tester un second ordinateur portable équipé d'un processeur Tiger Lake, l'Asus ZenBook UX425EA équipé d'un Core i7-1165G7 cette fois (toujours avec un TDP de 28W). Les bonnes impressions se confirment, le processeur est plus véloce que ses prédécesseurs, Core i7-1065G7 et Core i7-10510U. Mais la plus grande avancée est bien à chercher du côté de la puce graphique Intel Iris Xe qui est a minima égale à une Nvidia GeForce MX350 (MX250) !

Pour plus de détails les processeurs Intel de 11ième génération, rendez-vous notre article de présentation de la gamme Tiger Lake